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L’Exposition des Produits de l’Industrie de 1806 n’a pas encore été célébrée à sa juste valeur par les institutions publiques. Les expositions programmées à Paris sur les arts décoratifs sur la période impériale sont d’ailleurs également peu nombreuses. C’est pourquoi, Le Louvre des Antiquaires souhaite rendre hommage aux Arts Décoratifs de la période du 1er Empire en évoquant cette 4ème Exposition des Produits de l’Industrie, qui fut inaugurée en septembre 1806.
Dans une exposition de photographies, le Louvre des Antiquaires se propose de dévoiler quelques uns des objets d’art les plus étonnants qui ont été présentés en 1806.
Un cycle de conférences vient compléter ce programme, proposant une découverte de la période 1er Empire avec le concours de quatre institutions culturelles de renom : le musée du Château de Malmaison, le Mobilier National, le Musée Bréguet de la place Vendôme et le musée Patek Philippe de Genève.
L’exposition de 1806
En octobre 1806 se tenait la IVe exposition des Produits de l’Industrie Française. Son propos était de présenter au public les plus remarquables réussites des différentes formes d’industries et productions réalisées dans les limites de l’Empire Français qui englobaient alors la rive gauche du Rhin et des villes comme Venise.
A cette époque, les arts décoratifs étaient associés à la notion de produits de l’industrie. Comme de nos jours, il s’agissait d’une production de luxe exportée dans toute l’Europe.
1422 exposants venus de 104 départements y présentèrent leurs produits. Des salles particulières étaient réservées aux objets précieux de bijouterie, d’orfèvrerie et d’horlogerie.
Le jury se composait de 22 membres, ayant pour président le mathématicien Gaspard Monge (1746-1818). Elle se divisait en quatre sections : arts chimiques, arts mécaniques, arts textiles et beaux-arts. Un seul rapport fut rédigé. 610 distinctions furent distribuées ; celles-ci nous montrent la cohabitation des divers courants du goût.
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Paris et Lyon dictaient alors le goût de l’univers de Washington à Saint-Pétersbourg en passant par Madrid, et Londres l’imitait. En dépit du Blocus Continental édicté par Napoléon, grâce à un système sophistiqué de licences commerciales, en moins de deux mois, les œuvres d’art décoratifs commandées par des anglais à Paris étaient livrées à Londres.
Il a paru logique aux organisateurs de l’exposition de 1806 de faire apparaître comme aboutissement de la réussite des modes d’élevage des moutons, les tissus ou les tapis que l’on produisait à partir de leur laine. Il en était de même de l’acier que d’habiles artistes, comme Reinard Schey transformaient en bijoux, en parures de vêtements et même en meubles.
Ce concept est à la base des Expositions Universelles organisées à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et explique aussi l’appellation de «
Kunstindustrmusieet » utilisée à Copenhague pour son musée des Arts Décoratifs, ou le terme d’«
arts appliqués » utilisée ailleurs en Europe, notamment en Italie.
L’exposition de photographies : faire revivre une étape marquante de l’histoire du goût
Fait étonnant : le projet de commémorer l’exposition de 1806, la seule qui se soit tenue sous le règne de l’Empereur Napoléon Ier, n’a suscité à ce jour aucune manifestation permettant de comprendre
ce tournant historique de l’histoire du goût. Or, une telle exposition dans le domaine des arts décoratifs, dont certains membres du Louvre des Antiquaires sont en partie le reflet, permet de mieux comprendre les évolutions esthétiques qui ont fortement marqué le XIXéme siècle.
Meubles, pièces d’horlogerie, bronzes dorés, textiles, porcelaines, œuvres d’orfèvrerie, et divers objets, dont la présence est certifiée dans le catalogue édité en 1806, recréent l’atmosphère de cette Exposition des Produits de l’Industrie qui préfigure l’enthousiasme pour le progrès et les avancées technologiques que connurent plus tard les expositions universelles.
Ces diverses pièces exposées proviennent de plusieurs musées en France, en Italie et aux Etats-Unis. Elle a été rendue possible grâce à la collaboration de l’historien d’art Jean-Dominique Augarde .
En regard de ces objets disséminés à travers le monde, des membres du Louvre des Antiquaires, présentent les photographies de pièces réalisées à la même époque. Ces pièces témoignent des mêmes évolutions stylistiques et pourront séduire des amateurs d’art attirés par les arts décoratifs sous l’Empire.
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